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GESTIONNAIRES EN ACTION. Alphabet a fait état de résultats financiers robustes au quatrième trimestre de son exercice 2025, mais les investisseurs s’inquiètent des gigantesques dépenses en capital que la direction prévoit effectuer en 2026. «Les résultats d’Alphabet (GOOGL, 331,25$US) ont été exceptionnels, surtout pour une entreprise de cette taille», résume François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille de Giverny Capital et actionnaire de longue date de la société spécialisée dans la recherche en ligne et les services infonuagiques. Globalement, l’entreprise a dévoilé un bénéfice net de 34,5 milliards de dollars américains (G$US) durant le trimestre, et des revenus de 113,8G$US. «On parle de plus de 400G$US de revenus en 2025. À ce niveau, une croissance de 18% des revenus sur un an est phénoménale», dit-il. Les marchés ont toutefois fait preuve de prudence devant la volonté de la direction de dépenser entre 175G$US et 185G$US cette année pour financer, notamment, l’avancement de ses services d’intelligence artificielle, qui passent par l’agent conversationnel Gemini. Alphabet a les moyens de ses ambitions «Je pense que c'est difficile pour des gens, actionnaires ou non, de poser un jugement là-dessus. Alphabet ne va pas donner tous ses secrets, mais il faut voir quel est le réel objectif de ces gros investissements. La bonne nouvelle, c'est que la société a les moyens de payer 185G$US en un an, puisqu’elle génère plus de 200G$US annuellement en flux de trésorerie libres», explique l’investisseur. Il rappelle que Gemini a vu son nombre d’utilisateurs grimper à 750 millions sur une base mensuelle. «En un an, ils ont vraiment fait un travail extraordinaire parce que c'était une réelle menace. Quand ChatGPT est sorti il y a trois ans, Google a très bien réagi. Même le président d'OpenAI, Sam Altman, a reconnu que Gemini était une excellente application. Ça a probablement coûté très cher à développer, mais je pense que ça a préservé le cœur du modèle d’affaires de Google», raconte François Rochon. Ce dernier souligne qu’au dernier trimestre, la division de services infonuagiques Google Cloud a vu ses revenus progresser de 48% sur un an, pour atteindre 17,7G$US. «C’est une meilleure progression que pour les services concurrents AWS d’ Amazon (AMZN, 222,69$US) ou Azure de Microsoft (MSFT, 393,67$US)», dit-il. Le pavé dans la marre d’Anthropic Outre les résultats d’alphabet, la semaine a aussi été marquée par une mise à jour majeure de l’agent conversationnel Claude, conçu par Anthropic , qui améliore grandement sa capacité à effectuer des tâches de programmation, générer des analyses financières ou rédiger des documents légaux. Le secteur des technologies a reculé à la suite de cette annonce, un geste que François Rochon considère comme une «surréaction». «Il y a des entreprises qui ont vu leur titre baisser de 10% à 15% en une journée qui restent extrêmement solides, qui existent depuis des décennies et qui possèdent des avantages concurrentiels difficiles à déloger. Il n’y a pas de niveau d’irrationnalité qui ne peut pas être atteint. Ça fait partie du jeu, mais je pense que la réaction des marchés a été exagérée», dit-il. La mise à jour de Claude ne remet donc pas en question les investissements de Giverny Capital dans des entreprise comme Alphabet ou Meta Platforms (META, 670,21$US). Le titre d'Alphabet a terminé la séance du 5 février sur un léger recul de 1,79$US, ou de 0,54%, à 331,25$US. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr